Forçage génétique

Depuis l'invention de la technique de génie génétique CRISPR/Cas, des gènes peuvent être modifiés de manière beaucoup plus économique et rapide qu'avec les modifications génétiques concomitantes à la transgenèse. Non seulement les gènes des plantes, mais aussi ceux des animaux (dont l'humain) et des plantes sauvages peuvent être modifiés grâce aux nouvelles techniques de génie génétique telles que CRISPR/Cas. De cette façon, la nature - l'interaction des espèces dans leurs écosystèmes - pourrait également être reprogrammée génétiquement dans un avenir proche pour répondre aux objectifs de certains humains et de certaines structures (entreprises, université ...).

Dans la reproduction normale (qui a été mieux comprise grâce à Mendel et qu'on qualifie donc de mendelienne), la probabilité d'hériter d'un trait génétique est normalement de 50 %. Une partie de la mère une partie du père. Chacun apporte forcément quelque chose, mais aucun n'exclue l'apport de l'autre. Ce brassage intrinsèque est essentiel puisqu'ils justifie que la sexualité introduit, maintient et encourage la biodiversité intraspécifique. Donc la résilience des espèces.

Les forçages génétiques changent radicalement la probabilité de transmettre des gènes d'une génération à l'autre.

Qu'est-ce qui change ? Les forçages génétiques peuvent augmenter la transmission des gènes à la progéniture jusqu'à 100 %. Ces organismes génétiquement forcés seront dotés d'un mécanisme qui force la modification génétique à se recopier indépendamment lors de chaque reproduction. Elle est même transmise de génération en génération. L'apport de forçage exclue l'apport de l'autre. Les forçages génétiques transforment la nature en un laboratoire de génie génétique ! Ci-dessous, le dessin explique comment comparer ces deux modes de transmission. L'un respecte (et valorise) la diversité. Il est naturel ou mendelien. L'autre s'impose partout et toujours. C'est le forçage génétique.

Comparaison de la transmission mendelienne et du forçage génétique

Une nouvelle dimension du génie génétique

La technologie du forçage génétique ouvre une nouvelle dimension dans le domaine du génie génétique : le forçage génétique déclenche une sorte de réaction génétique en chaîne qui ne s'arrête que lorsque l'objectif d’uniformité est atteint - ou qu'une mutation génétique imprévue l'arrête. L'objectif peut être le remplacement ou même l'extinction d'une population sauvage ou d'une espèce entière. Ce faisant, les sociétés renoncent à tout contrôle sur le développement et la propagation des organismes génétiquement modifiés. Un essai sur le terrain serait donc une décision irrévocable - car, une fois lancée, la réaction en chaîne ne peut être arrêtée ou inversée. Chaque intervention humaine nécessiterait un nouveau forçage génétique.

De quoi parle-t-on ? Les développeurs et les financeurs des forçages génétiques les promeuvent pour lutter contre les parasites agricoles, éliminer les espèces envahissantes des écosystèmes sensibles et éradiquer ou modifier les insectes porteurs de maladies. Les premières applications visent à éradiquer les souris, les rats et les moustiques. La forte implication de l'armée américaine dans le financement de la recherche suggère que la technologie pourrait également être utilisée comme une arme biologique. En attendant, les premiers essais environnementaux sur le terrain de moustiques porteurs de gènes visant à éradiquer le moustique anophèle porteur de la malaria sont préparés au Burkina Faso par un consortium de recherche financé par la Fondation Bill & Melinda Gates. Très peu de personnes en parlent. Cependant, les grands risques et les conséquences mondiales éventuelles devraient être supportés par l'ensemble de l'humanité.


Nous sommes totalement opposés au lâcher d'organismes génétiquement forcés parce que :

Le 27 janvier 2021, nous avons rendu public les résultats d'un sondage européen sur le forçage génétique. Vous avez l'analyse et les références vers les résultats dans notre communique.

Vous pouvez consulter nos articles
Forçage génétique : l'UICN à l'heure des choix, H. LefMeur et J. Sy (Pollinis) L'Ecologiste, mars-mai 2020 (introductif)
Le forçage génétique : naturel ou pas ? Inf'OGM septembre 2020
Forçage génétique : l’AESA estime le cadre adéquat mais insuffisant, Inf'OGM 22 décembre 2020

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