Le gène inséré est-il le même que
celui prélevé ?
Plusieurs modifications doivent être faites :
- Le promoteur (interrupteur marche/arrêt, qui dit où le gène
pourra s'exprimer et avec quelle force) du gène du poisson se déclenche
dans le sang du poisson. Il n'a donc pas de raison de se déclencher
dans le fruit tomate comme on le voudrait ! Donc on met un promoteur issu
d'ailleurs. Le promoteur le plus utilisé actuellement pour les OGM
est une séquence d'un virus du chou-fleur.
- le terminateur (marque de clôture de la séquence codante) doit
être changé.
- Plus important : on a expliqué que le gène du poisson arctique
utilise des codons (groupes de bases ATGC) qui codent pour un acide aminé
donné. Mais si la tomate utilise un autre codon pour le même
acide aminé que celui du poisson, ou si l'ARNt correspondant est rare,
la machinerie cellulaire peut ne pas savoir lire et transcrire ce codon en
le bon acide aminé. C'est en fait ce qui arrive. On doit donc remplacer
les codons " classiques pour le poisson " en ceux " classiques
pour la tomate ".
- Pour le maïs OGM d'une entreprise, actuellement commercialisé,
même en faisant ces modifications sur le gène inséré
(le gène de la bactérie Bt de production d'un insecticide),
les résultats n'étaient pas assez bons car la protéine
Bt n'était pas produite en suffisamment grande quantité. L'entreprise
a donc tronqué la séquence codante du gène (Vaeck et
al. Nature 328, 33-37 1987 !). Plus précisément, les acides
aminés 1-453 ont subi un remplacement des codons, 454-615 n'ont pas
été changés et 615-1178 ont été retirés,
ce qui a permis de rendre la toxine 100 fois plus exprimée sous forme
directement toxique, même pour les animaux autres que les lépidoptères.
On remarquera que cela signifie que la protéine émise, cette
fois, est toxique aussi pour les animaux (dont les humains). La CGB
et l'Etat n'en ont cure.
- La régulation des gènes passe aussi par des enhancers. Ceux-ci
sont communs a des gènes d'une même catégorie et en régulent
l'expression. On récupère l'enhancer du maïs pour le gène
chimère issu initialement de la bactérie. On ne sait pourtant
pas comment cet enhancer peut actionner le gène inséré
ou si un autre enhancer pourrait, par hasard, ... l'activer.
- Les séquences introduites (dont je viens de signaler qu'elles ont
été bricolées) ne sont absolument pas introduites précisément.
Personne ne le nie, même si l'on pourrait envisager, en laboratoire,
pour des quantités non industrielles de vérifier l'emplacement
de l'insertion, ...
- Quand bien même la séquence codante introduite serait la caractérisation
de la formule linéaire de la protéine (je n'ai pas écrit
de la protéine !), elle ne donnerait aucun renseignement sur la structure
secondaire, ni même tertiaire, ni même quaternaire (forme tridimensionelle)
de la protéine. Or, seule la forme dans l'espace peut déterminer
les sites actifs, donc l'efficacité de la protéine. Il existe
par exemple des protéines chaperonnes qui déterminent la forme
dans l'espace.
Or elles sont spécifiques ..