Quatrième de couverture:

Jean-Pierre Berlan (dir.)
La Guerre au vivant. Organismes génétiquement modifiés & autres mystifications scientifiques
Agone, 2001, 168 pp., 68 FF

Avant-propos : « La biologie moderne et ses biotechnologies relèvent plus de la spéculation financière caractéristique de notre époque que d'une science qui a perdu jusqu'au souvenir qu'elle avait pu se ranger sous la bannière de la vérité, de la liberté, de l'objectivité, du désintéressement et de l'émancipation. Depuis que la première « chimère » (terme utilisé lors du dépôt de brevet) génétique ouvrit en 1973 la boîte de Pandore de l'instrumentalisation du vivant à des fins de profit, cette biologie-là s'attache à capitaliser les profits futurs dans le cours présent des actions. Mettre en valeur le capital investi oriente les programmes scientifiques des entreprises comme ceux d'une recherche publique privatisée de fait - quand ce n'est pas de droit - et décide du contenu des explications en biologie. Le profit étant dans les gènes, la vérité scientifique s'y trouve aussi.

Le jeu consiste à célébrer un avenir biotechnologique radieux pour faire gonfler la bulle spéculative présente. Ainsi en est-il en médecine de la découverte des gènes du cancer, de l'obésité, de l'homosexualité, de l'intelligence, du sport, de la schizophrénie, de la fidélité... qui ne font que répéter sous l'habillage de la modernité biomoléculaire les vieilles lunes qui ont scandé les dérives de la biologie depuis deux siècles - phrénologie, eugénisme, « chromosome du crime », sociobiologie, etc. Ainsi en est-il en agriculture des organismes génétiquement modifiés (OGM) : des chimères au sens propre comme au sens figuré. Au sens propre car il s'agit de créer des organismes incorporant des gènes en provenance d'espèces ou de règnes différents. Au sens figuré car c'est une chimère de penser que les OGM « permettront-de-nourrir-la-planète-en-respectant-l'environnement ». Mais la propagande des industriels autoproclamés des « sciences de la vie » (Monsanto, Novartis et autres Aventis) a rendu aveugles les élites politiques, professionnelles et scientifiques à la fonction essentielle de cette biologie : créer de nouvelles sources de profit au dépens de la collectivité. [...]

Le biologiste-spéculateur (à moins que ce ne soit l'inverse) qui fonde une « start-up » s'efforce de faire d'un bricolage trivial une percée spectaculaire qu'une presse mystifiée célèbre de façon extravagante comme un pas décisif dans la « maîtrise du vivant », ouvrant « d'immenses perspectives » en agriculture ou en médecine. La valeur des actions bondit. Le capital-risque se précipite. Les fonds recueillis alimentent la promotion qui attire de nouveaux gogos. Des annonces soigneusement distillées sur une prochaine percée scientifique réveillent l'enthousiasme des investisseurs et ainsi de suite. [...]

De 1996 à 1999, la culture de plantes transgéniques s'est étendue aux États-Unis comme un feu de prairie. La superficie décuplait de 2,8 à 28 millions d'hectares. Les bourses pariaient que l'agriculture et l'alimentation mondiales seraient bientôt trangéniques - c'est-à-dire qu'un cartel de quelques firmes agrochimiques-pharmaceutiques prendrait le contrôle de l'agriculture et de l'alimentation dans le monde. Deux décennies de propagande scientifique sur les miracles philanthropiques toujours prochains de la biologie « hi-tech » en agriculture et médecine avaient atteint leur objectif : paralyser l'esprit critique et le simple bon sens des « décideurs » de toutes obédiences politiques et professionnelles ; en obtenir la soumission, non pas honteuse, mais enthousiaste. [...] »

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