« Ne regardez pas les choses comme elles sont, mais comme elles pourraient être. »
« L'histoire montre que la recherche scientifique a toujours été
orientée, plus ou moins directement, par la société dans
laquelle elle était faite. La politique du CNRS [Centre National de la
Recherche Scientifique] n'a échappé, à aucun moment, à
ce conditionnement.»
Michel Morange, Professeur de biologie moléculaire à l'université
Paris VI et à l'Ecole normale supérieure.« Il était
une fois, les sciences de la vie », La Revue pour lhistoire du CNRS,
N°24 - Automne 2009, mis en ligne le 5 octobre 2009. URL : http://histoire-cnrs.revues.org/document9058.html
« Ce sont ceux qui connaissent peu, et non ceux qui connaissent beaucoup,
qui affirment aussi catégoriquement que tel ou tel problème ne
sera jamais résolu par la science. »
Charles Darwin La Filiation de lHomme, 1871, Introduction. A
contrario, on comprend que « la science » résoudra tous
les problèmes ... C'est bien une idéologie positiviste bien que
Darwin soit plus fin que les positivistes de son siècle.
« Dans un monde où l'exploration de la planète n'est plus
une aventure, la véritable aventure humaine se situe aux confins de la
connaissance »
Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, colloque en l'honneur
des 70 ans du Palais de la Découverte. Actes
disponibles. Deux remarques :1) la "véritable aventure humaine"
semble donc impossible pour le commun des mortels. Pourquoi ? 2) Pourquoi l'exploration
de la planète n'est plus une aventure ?
Il n'est pas exclus que la réponse soit dans le fait qu'en complexifiant
les techniques, elle accapare notre rapport à ce qui nous environne.
Elle capte la réalité et plus elle se spécialise, moins
nous nous sentons autorisés à un discours sur le monde.
« dans une société bien organisée, quoique personne
ne puisse parvenir à tout savoir, il faut néanmoins qu'il soit
possible de tout apprendre. »
Talleyrand, Rapport sur l'instruction publique, septembre 1791.
« On entend dire que la science est maintenant soumise à des impératifs
de rentabilité économique ; cela a toujours été
vrai. Ce qui est nouveau, c'est que l'économie en soit venue à
faire ouvertement la guerre aux humains ; non plus seulement aux possibilités
de leur vie, mais à celles de leur survie. C'est alors que la pensée
scientifique a choisi, contre une grande part de son propre passé anti-esclavagiste,
de servir la domination spectaculaire. La science possédait, avant d'en
venir là, une autonomie relative. Elle savait donc penser sa parcelle
de réalité ; et ainsi elle avait pu immensément contribuer
à augmenter les moyens de l'économie. Quand l'économie
toute-puissante est devenue folle, et les temps spectaculaires ne sont rien
d'autre, elle a supprimé les dernières traces de l'autonomie scientifique,
inséparablement sur le plan méthodologique et sur le plan des
conditions pratiques de l'activité des « chercheurs ». On
ne demande plus à la science de comprendre le monde, ou d'y améliorer
quelque chose. On lui demande de justifier instantanément tout ce qui
se fait. »
Guy Debord Commentaires sur la société du spectacle Ed.
G. Lebovici 1988
Voici par exemple ce que vaticinait il y a cent sept ans, le 5 avril 1894, Marcellin Berthelot, chimiste et homme d'Etat à propos de l'an 2000 : " Dans ce temps-là, il n'y aura plus dans le monde ni agriculture, ni pâtres, ni laboureurs : le problème de l'existence de la culture du sol aura été supprimé par la chimie. [ ] chacun emportera pour se nourrir sa petite tablette azotée, sa petite motte de matière grasse [ ] tout cela fabriqué économiquement et en quantités inépuisables par nos usines [ ] tout cela enfin exempt de ces microbes pathogènes, origine des épidémies et ennemis de la vie humaine [ ]. Dans cet empire universel de la force chimique [ ] la terre deviendra un vaste jardin [ ] où la race humaine vivra dans l'abondance et dans la joie du légendaire âge d'or ".
« En science, il ne suffit pas d'être bon, il faut être le meilleur » Gabriel Ruget, Directeur de l'Ecole Normale Supérieure de Paris Le Monde 12 mars 2003.
« Le resserrement de la collaboration avec les Etats pour des motifs
à la fois militaires et industriels, nous a sans doute profité,
mais il a bien fallu payer un prix pour leur soutien, et la suspicion que le
public ressent à notre égard en est l'une des conséquences
»
Sir Michael Atiyah, quittant la présidence de la Royal Society, cité
dans G. Toulouse, Regards sur l'éthique des sciences Paris, Hachette
Littératures 1998 pp. 187-197
« Savoir, c'est pouvoir »
Francis Bacon
« Nous, scientifiques, sommes convaincus que ce que nous appelons un
"fait" ou une "vérité" ne sera plus demain,
au mieux, qu'un élément intégré dans un ensemble
plus complexe, au pire une erreur d'interprétation historique due à
l'insuffisance des moyens et des concepts du moment.»
Marc Peschanski, directeur de Recherche à l'INSERM dans "Entre idées
réactionnaires et politique politicienne, bien peu de science" dans
La vie de la Recherche Scientifique, revue du SNCS, syndicat de chercheurs
scientifiques p.32-43
« La seule limite à l'acquisition des connaissances qui soit fondée
de façon aussi universelle et intemporelle est le respect dû à
un être vivant. Les autres limitations du champ de l'acquisition des connaissances
- souhaitées par certains à un moment donné de l'histoire
et dans un lieu géographique donné - ne peuvent prétendre
reposer sur des valeurs éthiques du même ordre ».
Marc Peschanski, directeur de Recherche à l'INSERM dans "Entre idées
réactionnaires et politique politicienne, bien peu de science" dans
La vie de la Recherche Scientifique, revue du SNCS, syndicat de chercheurs
scientifiques p.32-43
« Thanks to their discovery, David Gross, David Politzer and Frank Wilczek
have brought physics one step closer to fulfilling a grand dream, to formulate
a unified theory comprising gravity as well - a theory for everything.»
http://nobelprize.org/physics/laureates/2004/press.html
« L'évolution des trente dernières années [...]
nous a montré la réalité du continuum entre l'acquisition
de nouvelles données fondamentales et la création des nouveaux
objets nécessaires pour assurer un développement durable de nos
sociétés. Ceci n'est pas nouveau, Pasteur lui-même avait
déjà souligné qu'il n'y a pas de fossé entre la
science et les applications de la science, nous avons simplement trop tendance
à l'oublier.»
Bernard Meunier, le 21 octobre 2004 dans sa déclaration aux chercheurs
après sa nomination à la tête du CNRS.
« Nous croyons que le but dernier des sciences humaines n'est pas de
constituer l'homme, mais de le dissoudre.»
Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage Chap. IX
« Pour le neurobiologiste que je suis, il est naturel de considérer
que toute activité mentale, quelle qu'elle soit, réflexion ou
décision, émotion ou sentiment, conscience de soi... est déterminée
par l'ensemble des influx nerveux circulant dans des ensembles définis
de cellules nerveuses, en réponse ou non à des signaux extérieurs.
J'irai même plus loin en disant qu'elle n'est que cela. [...] L'identité
entre états mentaux et états physiologiques ou physico-chimiques
du cerveau s'impose en toute légitimité »
J.P. Changeux, professeur en neurobiologie au Collège de France et ancien
président du Comité national d'éthique. Entretien avec
édité par La découverte-Le Monde vol. 5 1985 p.68. Il est
difficile d'être plus réductionniste...
« L'identité entre états mentaux et états physiologiques
ou physico-chimiques du cerveau s'impose en toute légitimité »
J.P. Changeux, professeur en neurobiologie au Collège de France et ancien
président du Comité national d'éthique. L'Homme neuronal
1983 Fayard p.364
« Nous partons d'abord d'une observation, nous obtenons des nombres que
nous mesurons, puis nous obtenons une loi qui résume tous les nombres.
Mais le vrai triomphe de la science, c'est de pouvoir trouver une manière
de penser telle que cette loi soit évidente. »
Richard Feynman, Cours de Physique, Mécanique 2
« Si timide que l'on soit, il faut bien que l'on interpole ; l'expérience
ne nous donne qu'un certain nombre de points isolés, il faut les réunir
par un trait continu ; c'est là une véritable généralisation.
Mais on fait plus, la courbe que l'on tracera passera entre les points observés
et près de ces points ; elle ne passera pas par ces points eux-mêmes.
Ainsi on ne se borne pas à généraliser l'expérience,
on la corrige ; et le physicien qui voudrait s'abstenir de ces corrections et
se contenter vraiment de l'expérience toute nue serait forcé d'énoncer
des lois bien extraordinaires.
Les faits tout nus ne sauraient donc nous suffire ; c'est pourquoi il nous faut
la science ordonnée ou plutôt organisée.
On dit souvent qu'il faut expérimenter sans idée préconçue.
Cela n'est pas possible ; non seulement ce serait rendre toute expérience
stérile, mais on le voudrait qu'on ne le pourrait pas.»
Henri Poincaré La science et l'hypothèse (1902, réédition
Flammarion Paris 1968, p. 159).
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