Ci-dessous les citations favorables puis les citations plus critiques du positivisme /scientisme et du Progrès :

Favorables par ordre alphabétique :

« La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion ; de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l'opinion : il faut d'abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu'on dise, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes. C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est réponse à une question. S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir de connaissance. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit. ».
Gaston Bachelard, La formation de l’esprit scientifique.
Paris, Librairie philosophique Vrin, 1999 (1ère édition : 1938), chapitre 1er.
Ici c'est la propagande pro-science. En vérité, elle ne vise jamais à la connaissance intrinsèque, pure et parfaite, mais à une bonne maîtrise des utilités de tel ou tel objet. La science ne voit les objets que par leur utilité ou au moins par ce par quoi on peut les mesurer, afin de contrôler cette utilité. Les connaissances anciennes, voire religieuses voyaient les objets aussi par leur essence ou par leur utilité sans utilitarisme. Ainsi des tribus africaines définissent le beau comme ce qui remplit la fonction (religieuse !) qui est la sienne !
Cette fin est à rapprocher des propos de Vincent Peillon selon qui l'école doit "arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix. Je ne crois pas du tout à un ordre moral figé."

« Le monde est désormais sans mystère ; l'univers entier est revendiqué par la science et personne n'ose s'opposer à cette revendication. »
Marcellin Berthelot Les Origines de l'alchimie (1885) Cité par Albert Gaillard in Dieu à hauteur d'homme: une relecture critique du christianisme, L'Harmattan, 1998, p. 56

« Cette alliance indissoluble de la science et de l’industrie, qui caractérise les sociétés modernes. [...] Dans ce temps-là, il n’y aura plus dans le monde ni agriculture, ni pâtres, ni laboureurs : le problème de l’existence par la culture du sol aura été supprimé par la chimie ! Il n’y aura plus de mines de charbon de terre, ni d’industries souterraines, ni par conséquent de grèves de mineurs ! Le problème des combustibles aura été supprimé, par le concours de la chimie et de la physique. Il n’y aura plus ni douanes, ni protectionnisme, ni guerres, ni frontières arrosées de sang humain ! La navigation aérienne, avec ses moteurs empruntés aux énergies chimiques, aura relégué ces institutions surannées dans le passé ! Nous serons alors bien prêts de réaliser les rêves du socialisme [...] Ce que les végétaux ont fait jusqu’à présent, à l’aide de l’énergie empruntée à l’univers ambiant, nous l’accomplissons et nous l’accomplirons bien mieux, d’une façon plus étendue et plus parfaite que ne le fait la nature : car telle est la puissance de la synthèse chimique. [...] Dans ce temps-là [les années 2000], il n'y aura plus dans le monde ni agriculture, ni pâtres, ni laboureurs : le problème de l'existence de la culture du sol aura été supprimé par la chimie. […] chacun emportera pour se nourrir sa petite tablette azotée, sa petite motte de matière grasse […] tout cela fabriqué économiquement et en quantités inépuisables par nos usines […] tout cela enfin exempt de ces microbes pathogènes, origine des épidémies et ennemis de la vie humaine […]. Dans cet empire universel de la force chimique […] la terre deviendra un vaste jardin […] où la race humaine vivra dans l'abondance et dans la joie du légendaire âge d'or. »
Marcellin Berthelot, chimiste et homme d'Etat, discours prononce le 5 avril 1894 au banquet de la Chambre syndicale des Produits chimiques.

« A l’avenir, dans l’ordre de la politique comme dans l’ordre des applications matérielles, chacun finira par être assuré qu’il existe des règles de conduite fondées sur des lois inéluctables, constatées par l’observation, et dont la méconnaissance conduit les peuples, comme les individus, à leur ruine. ». Et, plus loin, il conclut : « C’est ainsi que le triomphe universel de la Science arrivera à assurer aux hommes le maximum de moralité et de bonheur. ». « La science réclame aujourd'hui à la fois la direction matérielle, la
direction intellectuelle et la direction morale des sociétés. ». « La science domine tout, elle rend seule des services définitifs. Nul
homme, nulle institution désormais n'aura une autorité durable s'il ne se conforme à ses enseignements ».
Marcellin Berthelot Science et Morale Paris, Impr. Nouvelle,‎ 1895.

« L'école fera la lumière : dès que la lumière aura lui, les fantômes disparaîtront, nous apercevrons qu'il n'y a en France que des Français - aujourd'hui tous égaux, et demain, quoi qu'on fasse, tous frères ! »
Ferdinand Buisson, prix Nobel de la Paix 1927

« substituer des concepts scientifiques de la vie aux anciennes idéologies ; développer harmonieusement dans chaque individu toutes ses potentialités héréditaires ; supprimer les classes sociales et les remplacer par des classes biologiques, la biocratie au lieu de la démocratie ; rendre les hommes aptes à se conduire rationnellement : la fraternité, la loi de l'amour ; le but de la vie n'est pas le profit »
Alexis Carrel, L'Homme, cet inconnu, p. 235

« faut établir des relations nouvelles entre les hommes [et] tirer l'individu de l'état de diminution intellectuelle, morale et physiologique amené par les conditions modernes de la vie. De développer en lui toutes ses activités virtuelles. De lui donner la santé »
Alexis Carrel, L'Homme, cet inconnu, Plon, Paris, 1941, p. 355

« la sélection naturelle n'a pas joué son rôle depuis longtemps » et que « beaucoup d'individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l'hygiène et de la médecine »
Alexis Carrel, L'Homme, cet inconnu, Plon, Paris, 1941, p. 359.

« par une éducation appropriée, on pourrait faire comprendre aux jeunes gens à quels malheurs ils s'exposent en se mariant dans des familles où existent la syphilis, le cancer, la tuberculose, le nervosisme, la folie, ou la faiblesse d'esprit »
Alexis Carrel, L'Homme, cet inconnu, Plon, Paris, 1941, p. 364.

« La formule sacrée du positivisme : l'amour pour principe, l'ordre pour base, et le progrès pour but »
Auguste Comte, philosophe français, 1798-1857

« Il arrivera donc, ce moment où le soleil n’éclairera plus, sur la terre, que des hommes libres, et ne reconnaissant d’autre maîtres que leur raison ; où les tyrans et les esclaves, les prêtres et leurs stupides ou hypocrites instruments n’existeront plus que dans l’histoire et sur les théâtres ; où l’on ne s’en occupera plus que pour plaindre leurs victimes et leurs dupes, pour s’entretenir, par l’horreur de leurs excès, dans une utile vigilance, pour savoir reconnaître et étouffer, sous le poids de la raison, les premiers germes de la superstition et de la tyrannie, si jamais ils osaient reparaître. »
Condorcet, Mars 1794 (en pleine Terreur et moins d'un mois avant d'être tué par cette Terreur) Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain

« La nature n'a marqué aucun terme au développement des facultés humaines ; la perfectibilité de l'homme est réellement infinie »
Concorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (1793)

« Ce sont ceux qui connaissent peu, et non ceux qui connaissent beaucoup, qui affirment aussi catégoriquement que tel ou tel problème ne sera jamais résolu par la science. »
Charles Darwin La Filiation de l’Homme, 1871, Introduction. A contrario, on comprend que « la science » résoudra tous les problèmes ... C'est bien une idéologie positiviste bien que Darwin soit plus fin que les positivistes de son siècle.

« Je les ai vues (?), les représailles du soldat vengeur, du paysan châtiant en bon ordre, libéral, juriste républicain, j'ai vu ces choses et je me suis incliné comme si j'apercevais l'épée de l'Archange.»
Jules Ferry parle ici de la répression de la Commune de Paris (1870). Il fut surnommé "Ferry le Tonkinois", l'homme qui établit le protectorat en Tunisie pendant son premier ministère et établit le pouvoir colonial de la France au Tonkin pendant le second, l'homme qui en 1885 prononça un discours dont Charles-André Julien a pu dire qu'il était « le premier manifeste impérialiste qui ait été porté à la Tribune. ».

« L'humanité doit s'attacher à étudier des faits et à obéir à des lois, elle a trop longtemps obéi à des prêtres et vécu sous le joug des révélations; Ce congrès contribue à répandre le culte de la vérité scientifique. »
E. Herriot, maire de Lyon, au cours d'un congrès à Lyon en 1906

« Nous croyons d'une foi impérieuse et inébranlable que la science est bonne en soi. »
Robert Julius Oppenheimer La science et le bon sens Gallimard NRF, Paris, 1955. Ce livre fait suite à une série de conférences faites en 1953 au micro de la BBC. On rappelle que Oppenheimer est un des dirigeants du projet Manhattan.

« La tâche de la science, commencée depuis des millénaires, est de poursuivre une adaptation de plus en plus précise de notre esprit [enfin l'esprit de ceux qui acquièrent cette connaissance !] à la réalité, de construire une représentation de plus en plus adéquate du monde qui nous entoure et auquel nous appartenons, pour le comprendre d'abord, puis pour passer de la compréhension à la prévision et ensuite à l'action. »
Paul Langevin Cahiers de l'Union Rationnaliste n. 80 de mars-avril 1940

« Il faut donc qu'à l'effort de construire la science, nous joignons celui de la rendre accessible, de manière que l'humanité poursuive sa marche en formation serrée, sans avant-garde perdue ni arrière-garde trainante. »
Paul Langevin 1946

« Pour que les ouvriers de la ville et de la campagne soient affranchis du joug économique qui pèse sur eux, il faut qu'ils soient affranchis du joug de leurs passions et de leurs bas instincts, de leurs vices, de leurs paresses. Le jour où nos ouvriers seront instruits, énergiques, maîtres d'eux-mêmes, sobres et vraiment humains, les questions sociales seront résolues puisqu'à ce moment ils seront capables d'une union très forte pour des projets de longue haleine. »
Jules Payot, inspecteur d'Académie, Aux instituteurs et aux institutrices. Conseils et directions pratiques 1897

« Rapidement, peut-être seulement dans quelque décades, si nous consentons au léger sacrifice nécessaire, les hommes libérés par la science vivront joyeux et sains, développés jusqu’aux limites de ce que peut donner leur cerveau. Ce sera un Eden qu’il faut situer dans l’avenir au lieu de l’imaginer dans un passé qui fut misérable. »
Jean Perrin prix Nobel de physique en 1926 lors de la création de la Caisse nationale des sciences, ancêtre du CNRS

« ce qui reste incontestable, c'est que l'humanité tend sans cesse, à travers ses oscillations, à un état plus parfait ; c'est qu'elle a le droit et le pouvoir de faire prédominer de plus en plus, dans le gouvernement des choses, la raison sur le caprice et l'instinct.[...]On ne prouvera jamais la marche de l'humanité à celui qui n' est point arrivé à la découvrir. C'est là le premier mot du symbole du XIXe siècle, l'immense résultat que la science de l'humanité a conquis depuis un siècle. Au-dessus des individus, il y a l'humanité, qui vit et se développe comme tout être organique, et qui, comme tout être organique, tend au parfait, c'est-à-dire à la plénitude de son être.»
Ernest Renan Artiste, écrivain, Historien, Philologue, Philosophe
L'Avenir de la science - pensées de 1848 p. 24

« La science qui gouvernera le monde, ce ne sera plus la politique. La politique, c'est-à-dire la manière de gouverner l'humanité comme une machine, disparaîtra en tant qu'art spécial, aussitôt que l'humanité cessera d'être une machine. La science maîtresse, le souverain d'alors, ce sera la philosophie, c'est-à-dire la science qui recherche le but et les conditions de la société. [...] Organiser scientifiquement l'humanité, tel est donc le dernier mot de la science moderne, telle est son audacieuse mais légitime prétention.»
Ernest Renan Artiste, écrivain, Historien, Philologue, Philosophe
L'Avenir de la science - pensées de 1848 p. 36 éd. Calmann-Levy, 1890, p. 36-37

« Oui, viendra un jour où l'humanité ne croira plus, mais où elle saura ; un jour où elle saura le monde métaphysique et moral, comme elle sait déjà le monde physique ; un jour où le gouvernement de l'humanité ne sera plus livré au hasard et à l'intrigue, mais à la discussion rationnelle du meilleur et des moyens les plus efficaces de l'atteindre. Si tel est le but de la science, si elle a pour objet d'enseigner à l'homme sa fin et sa loi, de lui faire saisir le vrai sens de la vie, de composer, avec l'art, la poésie et la vertu, le divin idéal qui seul donne du prix à l'existence humaine, peut-elle avoir de sérieux détracteurs ?»
Ernest Renan Artiste, écrivain, Historien, Philologue, Philosophe
L'Avenir de la science - pensées de 1848 éd. 1890 p. 91

« Paris ayant une supériorité d'initiative et représentant un état plus avancé de civilisation, a bien réellement droit de s'imposer et d'entraîner vers le parfait les masses plus lourdes. [...] Longtemps encore l’humanité aura besoin qu’on lui fasse du bien malgré elle. Gouverner pour le progrès, c’est gouverner de droit divin.»
Ernest Renan Artiste, écrivain, Historien, Philologue, Philosophe
L'Avenir de la science - pensées de 1848 p. 343

« L’idéal d’un gouvernement serait un gouvernement scientifique, où des hommes compétents et spéciaux traiteraient les questions gouvernementales comme des questions scientifiques, et en chercheraient rationnellement la solution. [...] La politique est une science comme une autre, et exige apparemment autant d’études et de connaissances qu’une autre. Dans les sociétés primitives, le collège des prêtres gouvernait au nom des dieux ; dans les sociétés de l’avenir, les savants gouverneront au nom de la recherche rationnelle du meilleur. Dieu merci ![...] Cette manie qu'ont les sots de vouloir qu'on leur donne la raison de ce qu'ils ne peuvent comprendre et de se fâcher quand ils ne comprennent pas, est un des plus grands obstacles au progrès. Les sages de l'avenir la mépriseront.
Mais comment, direz-vous, imposer à la majorité ce qui est le meilleur, si elle s'y refuse ? -ah ! Là est le grand art.»
Ernest Renan Artiste, écrivain, Historien, Philologue, Philosophe
L'Avenir de la science - pensées de 1848 p. 350

« Ce monde supérieur que nous rêvons pour la réalisation de la raison pure n'aurait pas de femmes.»
Ernest Renan Dialogues philosophiques

« les pays où il y a des classes marquées sont les meilleurs pour les savants; car, dans de tels pays, ils n'ont ni devoirs politiques, ni devoirs de société; rien ne les fausse. Voilà enfin pourquoi le savant s'incline volontiers (non sans quelque ironie) devant les gens de guerre et les gens du monde. [...] Si l'on veut imaginer quelque chose de solide, il faut concevoir un petit nombre de sages tenant l'humanité par des moyens qui seraient leur secret et dont la masse ne pourrait se servir, parce qu'ils supposeraient une trop forte dose de science abstraite. La science est ainsi le grand agent de la conscience divine. »
Ernest Renan Dialogues philosophiques , Ed. Calmann-Lévy, écrit en 1871.

« Deux éléments, le temps et la tendance au progrès, expliquent l'univers. »
Ernest Renan Artiste, écrivain, Historien, Philologue, Philosophe

« Les scientifiques rendent des services importants à la classe industrielle, mais ils reçoivent d'elle des services qui sont encore plus importants, puisqu'ils reçoivent leur existence même »
H. de Saint Simon Catéchisme des industriels (1823), Oeuvres Vol. V  Anthropos. Notons que Saint-Simon a pris pour mentor Auguste Comte, qui a, plus tard, fondé le scientisme !

« L'Humanité est vouée au progrès à perpétuité. »
Alfred Sauvy, économiste (1898-1990)

« Je crois que l'avenir de l'humanité est dans le progrès de la raison par la science »
Émile Zola, écrivain et journaliste français, 1840-1902

 

Des antis :

« Il est une erreur fort à la mode, de laquelle je veux me garder comme de l’enfer. Je veux parler de l’idée de progrès. Ce fanal obscur, invention du philosophisme actuel, breveté sans garantie de la Nature ou de la Divinité, cette lanterne moderne jette des ténèbres sur tous les objets de la connaissance ; la liberté s’évanouit, le châtiment disparaît. Qui veut y voir clair dans l’histoire doit avant tout éteindre ce fanal perfide. Cette idée grotesque, qui a fleuri sur le terrain pourri de la fatuité moderne, a déchargé chacun de son devoir, délivré toute âme de sa responsabilité, dégagé la volonté de tous les liens qui lui imposait l’amour du beau : et les races amoindries, si cette navrante folie dure longtemps, s’endormiront sur l’oreiller de la fatalité dans le sommeil radoteur de la décrépitude. Cette infatuation est le diagnostic d’une décadence déjà trop visible [...] Dans l’ordre poétique et artistique, tout révélateur a rarement un précurseur. Toute floraison est spontanée, individuelle. Signorelli était-il vraiment le générateur de Michel-Ange ? Est-ce que Pérugin contenait Raphaël ? L’artiste ne relève que de lui-même. Il ne promet aux siècles à venir que ses propres œuvres. Il ne cautionne que lui-même. Il meurt sans enfants.»
C. Baudelaire compte rendu de l’Exposition universelle de 1855

« Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.»
Baudelaire Les fleurs du Mal.

« La science du hasard, en effet, ne saurait, plus que tout autre science, prétendre à régir nos actes ; elle peut seulement, comme c'est le rôle de la science, faciliter la réflexion qui précède l'action chez tous les êtres raisonnables. Dans les questions compliquées, le bon sens a besoin d'être guidé par les résultats du calcul ; les formules ne créent pas l'esprit de finesse, mais en facilitent l'usage. »
Émile Borel, Le hasard. E. Borel est un très grand mathématicien ayant travaillé à fonder les probabilités.

« La décadence ne peut trouver d'agents que lorsqu'elle porte le masque du progrès.»
George Bernard Shaw, Artiste, Critique, Dramaturge, Journaliste, Scénariste (1856 - 1950)

« Nous sommes malades de progrès. Il y a hypertrophie du cerveau, les nerfs se développent au détriment des muscles ; et c'est cette victoire des nerfs sur le sang qui décide de nos mœurs, de notre littérature, de notre époque entière. Nous ne sommes plus même aux siècles derniers, à ces âges classiques de la tragédie, dans le bercement d'une perfection de langage. Nous sommes à l'âge des chemins de fer et des comédies haletantes où le rire n'est souvent qu'une grimace d'angoisse, à l'âge du télégraphe électrique et des oeuvres extrêmes. Ce qui nous tue, ce qui nous maigrit, c'est que nous devenons savants, c'est que les problèmes physiques et sociaux vont recevoir leur solution un de ces jours. Nous allons voir la vérité, et vous pensez quelle impatience nous tient, quelle hâte fébrile, nous mettons à vivre et à mourir ! Tout le siècle est là. Au sortir de la paix monarchique et dogmatique, lorsque le monde et l'humanité ont été remis en question, on a repris l'éternelle étude sur des bases nouvelles, on a fait de surprenantes découvertes, dès les premiers pas. Et l'on a l'âpre désir d'aller toujours en avant, d'aller jusqu'à l'infini et l'absolu. Nous sentons la vérité qui court devant nous, et nous courons.»
Emile Zola L'Education physique (Lettres [..iennes - La Cloche, 6 octobre 1872)

 

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